Développement durable et financements

Loin d’être une préoccupation récente, les «green bonds» ou obligations vertes sont apparues dès le début des années 2000.

A l’instar des obligations dites classiques, une obligation verte est un instrument financier qui permet à l’émetteur, une société ou un Etat, d’emprunter des fonds sur les marchés des capitaux. En souscrivant à une obligation, l’investisseur prête à l’organisme émetteur et reçoit en contrepartie un intérêt annuel ou semi-annuel avant d’être remboursé au terme de l’emprunt. 

En se basant sur le concept du développement durable, une obligation verte se distingue de son homologue classique en visant à intégrer les préoccupations environnementales aux demandes de financements. Selon les «Green Bond Principles» de l’International Capital Markets Association (ICMA), les fonds levés lors d’une émission obligataire verte doivent être utilisés pour financer des projets relevant d’une des dix catégories suivantes: énergies renouvelables (photovoltaïque, éolienne, hydraulique, biocarburants…); efficacité énergétique; gestion durable des déchets; agriculture durable; préservation de la biodiversité; moyens de transport propres; gestion durable de l’eau; adaptation au changement climatique; produits de la gestion du recyclage et bâtiments écologiques. Par ailleurs, les émetteurs de ces obligations sont également tenus d’être transparents quant à leurs activités et de rendre compte, au moins une fois par an, de l’avancement de leurs projets et de soumettre des rapports réguliers concernant l’utilisation des fonds.

Depuis quelques années, face à l’attrait grandissant pour ces investissements, des gouvernements étrangers comme la France, la Belgique et la Pologne ont également commencé à émettre de telles obligations pour financer leurs mesures de lutte contre le changement climatique. En Suisse, l’Etat de Genève a été pionnier en 2017 en émettant une obligation pour financer des bâtiments publics construits selon les normes à très basse consommation d’énergie Minergie pour un montant total de 620 millions de francs.

Investir durablement, un avantage?

Aujourd’hui, les investissements durables offrent une alternative intéressante et rentable aux produits financiers traditionnels à tel point qu’avec un volume de près de 10% du marché des fonds, le marché des investissements durables est en plein essor en Suisse.

En interrogeant les investisseurs sur les raisons qui motivent leurs placements dans des obligations vertes plutôt que dans des instruments de dettes dits classiques, on relève trois raisons principales, à savoir: la contribution à un environnement meilleur à une époque où les dérèglements climatiques se font de plus en plus sentir; la transparence des entreprises émettant ces financements et enfin leur rentabilité, car en fonction du secteur choisi, les obligations vertes peuvent générer des rendements supérieurs aux obligations ne répondant pas aux critères des «Green Bond Principles».

Pour Anna Zambeaux de PrimeEnergy Cleantech, entreprise suisse active dans la production d'énergie solaire, «l’intérêt des obligations vertes réside dans le fait que chaque projet est directement présenté aux investisseurs, qui savent exactement où leurs fonds seront investis. L’investisseur est en mesure de choisir le secteur et le projet qu’il souhaite soutenir sans être pour autant un expert en finance».

Le boom des énergies renouvelables

En approuvant la Stratégie énergétique 2050, le peuple suisse a fixé les bases d’un approvisionnement en énergie sûr, propre et abordable pour la Suisse en mettant fin à l’exploitation des centrales nucléaires. Dans cette optique, la proportion des énergies renouvelable dans l’offre énergétique globale ne cesse de croître, notamment grâce à la participation d’investisseurs privés et institutionnels qui soutiennent le développement du secteur. Ainsi, selon Suisse Energie, plus de 60% de la production d’électricité suisse est déjà d’origine renouvelable et la grande majorité de cette énergie provient de centrales hydroélectriques.