Changer ses habitudes

Même s’il existe une grande variabilité d’une région à l’autre, le climat généralement tempéré de nos vertes contrées nous expose à des précipitations raisonnables tout au long des saisons. Mais l’année 2018 nous a tristement confrontés à la dure réalité qu’à l’heure où sécheresses et pénuries se multiplient autour de la planète, la Suisse devait elle aussi veiller à une meilleure utilisation de cette ressource naturelle.

Nos sources ne sont en effet pas intarissables et selon le professeur de géographie physique à l’Université de Lausanne, Emmanuel Reynard, «il est tout à fait possible que le pays traverse des périodes de pénurie».

L’eau de pluie, une manne

Venant du ciel, l’eau de pluie ne coûte rien si ce n’est l’argent investi pour la récupérer. Loin d’être son seul avantage, elle présente de nombreuses autres qualités qui la distinguent de l’eau de distribution et la place en première position pour plusieurs usages. En effet, exempte de calcaire et de chlore, une grande partie de nos besoins peuvent être couverts par ce cadeau venu du ciel: idéale pour arroser le jardin, elle trouve naturellement sa place dans les toilettes (WC et urinoirs), l’entretien des bâtiments et des parcs automobiles, mais aussi dans les machines à laver.

Sa faible minéralisation en fait ainsi un choix non seulement économique mais aussi écologique puisque la quantité de détergents nécessaire est réduite et les adoucissants deviennent complètement inutiles. A ces avantages considérables s’ajoute aussi l’absence de calcaire dans les canalisations des appareils électroménagers et donc une plus longue utilisation.

Comment s’y prendre?

Avant de se lancer dans les aménagements, il convient de faire un bilan préalable composé de trois points importants, à savoir: définir ses besoins en eau; identifier les usages et évaluer le potentiel de récupération.

Au niveau des besoins, on estime qu’une personne consomme en moyenne 150 litres d’or bleu par jour et que moins de 50% de cette consommation devrait être de qualité potable. Imaginez les économies réalisées si vous deviez réduire de moitié votre consommation d’eau de distribution!

En ce qui concerne la capacité à récupérer les eaux pluviales, les statistiques avancent une moyenne de 600 litres par m2 de toiture. Pour vous aider, les professionnels ont à disposition les moyennes annuelles des précipitations de chaque commune. 

Quels systèmes de récupération?

Pour récupérer l’eau de pluie, il existe de nombreux systèmes de récupération et de stockage en citerne en fonction du budget et de l’espace disponible. Le système le plus simple et le plus économique consiste en une gouttière dont le coût de fonctionnement n’excède pas 60 francs par an. L’eau de pluie est ensuite préfiltrée puis stockée dans une citerne enterrée en béton étanche d’une capacité pouvant aller de 5000 à 20 000 litres. L’eau sera ensuite pompée et filtrée avant d’être distribuée dans la maison. Le filtre est un élément important de ce système car il évite que feuilles et autres encombrants ne se retrouvent au fond de la citerne. 

Pour pallier les éventuels manques d’eau, comme c’est le cas en été par exemple, sachez qu’il est possible d’installer un système de commutation automatique vers l’eau de ville si la quantité d’eau dans la citerne devait être trop basse.

Quelques précautions s’imposent

Mis à part l’eau collectée depuis des toitures vertes ou d’autres surfaces potentiellement polluantes telles que des toitures métalliques corrodées, l’eau de pluie convient à la plupart des usages sans que sa qualité bactériologique ne pose un problème.

Cependant, pour l’eau de boisson et de cuisine, un osmoseur est généralement recommandé car il élimine 100% des virus et bactéries, entre 95 et 100% des nitrates, 99,9% des pesticides et 96% des métaux lourds.

L’or bleu est une excellente alternative économique et écologique à l’eau de distribution. Alors, qu’attendez-vous?