Il aura fallu de nombreux mois pour s’assurer d’une industrialisation de qualité. La commercialisation est sur le point d’être lancée. Tout repose sur le développement d’un film d’un dixième de millimètre d’épaisseur, mis au point par le Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM) basé à Neuchâtel.

Intégré sur le panneau solaire lors de sa production, ce film opère comme un filtre qui laisse principalement passer la lumière infrarouge nécessaire pour transformer la lumière en électricité mais réfléchit le reste du spectre lumineux.

Rendre la production d’électricité invisible     

Grâce à cet effet de «miroir sélectif», il est possible de donner la couleur désirée aux panneaux solaires. Cette nouvelle technologie représente une véritable révolution, puisque jusqu’à maintenant, les panneaux étaient le plus souvent de teinte noire ou bleutée.

La raison est simple: les surfaces sombres absorbent bien plus de lumière que les surfaces claires. Or, plus discrets et plus esthétiques, les panneaux blancs s’intègrent bien mieux aux toits et aux façades des habitations.

Economiquement rentable

Problème: le film diminue la quantité de lumière captée. Au final, le rendement énergétique, qui dépasse les 11% – contre 16% à 18% pour des panneaux noirs – paraît plus faible. Mais selon les spécialistes, cette perte est largement compensée par les surfaces que ces panneaux peuvent couvrir.

Ils affirment que ce n’est pas un problème si l’on considère ces panneaux comme des éléments de construction intégrés et non comme un appendice énergétique. Pour un foyer, il suffit de couvrir 50 mètres carrés pour être autonome. Ces panneaux esthétiques sont commercialisés aux alentours de 350 à 450 francs le mètre carré, contre 150 à 250 francs pour un panneau noir classique.

Mais ils ont deux fonctions: production d’énergie et enveloppe du bâtiment. L’investissement financier est ainsi amorti en 8 à 13 ans. Avec l’appui des nouvelles réglementations cantonales qui rendront obligatoires un recours partiel aux énergies renouvelables dans le bâtiment, le photovoltaïque de façade deviendra bientôt un matériau de construction parmi d’autres.

D’autres applications possibles

A l’avenir, les recherches dans le domaine du solaire permettront de décliner les formes et les couleurs des matériaux de construction produisant de l’énergie à un prix compétitif. Lorsque la production à grande échelle commencera, les coûts de fabrication diminueront.

L’amélioration des techniques de stockage de l’énergie, comme les batteries par exemple, permettra de réguler les fluctuations du photovoltaïque et contribuera à en faire une des sources énergétiques les plus demandées.

Cette technologie pourra également être utilisée dans le marché de la mobilité, en recouvrant par exemple les voitures ou les bateaux.