Qu’est-ce qu’une obligation verte?

Une obligation est un instrument financier qui permet à l’émetteur, une société ou un Etat, d’emprunter des fonds sur les marchés des capitaux. En souscrivant à une obligation, l’investisseur prête à l’organisme émetteur et reçoit en contrepartie un intérêt annuel avant d’être remboursé au terme de l’emprunt.

 Pour savoir si une obligation est qualifiée de «verte», il faut se référer aux «Green Bonds Principles» de l’International Capital Markets Association (ICMA).

Selon ces principes, les fonds levés lors d’une émission obligataire doivent être utilisés pour financer des projets relevant d’une des dix catégories suivantes: énergies renouvelables, efficacité énergétique, gestion durable des déchets, agriculture durable, préservation de la biodiversité, moyens de transport propres, gestion durable de l’eau, adaptation au changement climatique, produits de la gestion du recyclage et bâtiments écologiques.

Par ailleurs, les émetteurs de ces obligations sont également tenus d’être transparents quant à leurs activités et de rendre compte, au moins une fois par an, de l’avancement de leurs projets et de soumettre des rapports réguliers concernant l’utilisation des fonds.

Un marché en plein essor

Bien qu’il soit encore relativement nouveau, le marché des green bonds constitue un segment en plein essor et à fort potentiel. On estime ainsi aujourd’hui que les émissions d’obligations vertes ont doublé chaque année depuis 2015, pour atteindre 155 milliards de dollars en 2017. A la fin du mois de juin, on recensait plus de 390 émetteurs d’obligations vertes dans le monde, avec un volume de marché d’environ 350 milliards de dollars.

Au niveau de leur performance, ces placements verts ont même fourni de meilleurs rendements que leurs homologues dits classiques comme en atteste l’indice Bloomberg Barclays MSCI Global Green Bond qui a dépassé de 2,37% l’indice Bloomberg Barclays Global Aggregate depuis 2013.

Pourquoi préférer les investissements durables 

En interrogeant les investisseurs sur les raisons qui motivent leurs placements dans des fonds durables plutôt que dans des fonds dits classiques, on relève deux raisons principales à savoir l’absence ou la faible participation dans des produits dérivés et la transparence des entreprises dans lesquelles les investissements sont réalisés. 

Pour Anna Zambeaux de PrimeEnergy Cleantech, entreprise suisse active dans la production d’énergie solaire, «l’intérêt des obligations vertes réside dans le fait que chaque projet est directement présenté aux investisseurs, qui savent exactement où leurs fonds seront investis. L’investisseur est en mesure de choisir le secteur et le projet qu’il souhaite soutenir sans être pour autant un expert en finance».

Et en Suisse?

En 2017, c’est à Genève que les deux premières émissions d’obligations vertes suisses ont été faites. Le premier green bond a été lancé par le leader suisse de la gestion de déchets, Helvetia Environnement, afin de financer diverses réalisations pour 75 millions de francs, dont le centre de tri le plus moderne de Suisse.

La seconde obligation a été émise par l’Etat de Genève pour financer des bâtiments publics construits selon les normes à très basse consommation d’énergie Minergie Plus pour un montant total de 620 millions de francs. Des gouvernements étrangers comme la France, la Belgique et la Pologne ont également commencé à émettre des obligations vertes pour financer les mesures de lutte contre le changement climatique. Alors, à quand le premier green bond suisse?