Felix Wertli
Responsable du programme d’Action de Carême au Kenya

«Le Kenya est miné par la pauvreté. Les paysans manquent de tout. Dans la région du Kitui, où nous menons un de nos programmes, la malnutrition touche plus de la moitié de la population», témoigne Felix Wertli, responsable du programme d’Action de Carême au Kenya. Du coup, les conflits entre communautés locales pour la possession de l’eau et des pâturages sont récurrents. C’est une lutte entre communautés d’éleveurs, contre laquelle, l’Etat, corrompu et désorganisé, ne peut rien faire. Au Kenya, 75 pour cent des habitants vivent directement de l’élevage et de l’agriculture. Ces tensions sont aussi attisées par le dérèglement climatique. La période des pluies devient toujours plus courte et les récoltes moins importantes.

Apaiser les conflits par la médiation

Action de Carême agit en améliorant la situation alimentaire et les moyens de subsistance des populations les plus défavorisées. «Nous jouons un rôle de médiateur. Nous accompagnons la mise en place de comités de paix afin de mettre fin aux conflits autour des ressources», explique Felix Wertli. Face à la sécheresse persistante, l’organisation a aussi mis en place une aide alimentaire d’urgence. Chaque jour, 3 900 écoliers reçoivent une assiette de maïs et de haricots. L’organisation offre aussi à 800 familles, des semences plus résistantes à la sécheresse. De plus, les paysans bénéficient d’une formation de trois jours sur des techniques agricoles pour faire face au changement climatique. Les familles peuvent ainsi préparer leurs champs en attendant les prochaines pluies.